LIVRE IV. FABLE III
Non plus berger en chef, comme il était jadis Quand ses propres moutons paissaient sur le rivage Celui qui s'était vu Corydon ou Tircis,
Fut Pierrot, et rien davantage.
Au bout de quelque temps il fît quelques profits,
Racheta des bôtes à laine ; Et comme un jour les vents, retenant leur haleine, Laissaient paisiblement aborder les vaisseaux : Vous voulez de l'argent, ô mesdames les Eaux ! Dit-il, adressez-vous, je vous prie, à quelque autre
Ma foi vous n'aurez pas le nôtre.
Ceci n'est pas un conte à plaisir inventé.
Je me sers de la vérité
Pour montrer, par expérience,
Qu'un sou, quand il est assuré,
Vaut mieux que cinq en espérance; Qu'il se faut se contenter de sa condition ; Qu'aux conseils de la mer et de l'ambition
Nous devons fermer les oreilles.
Pour un qui s'en louera, dix mille s'en plaindront.
La mer promet monts et merveilles :
Fiez-vous-y ; les vents et les voleurs viendront.