‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 1 sur 161 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Le poète russe dont nous présentons l'œuvre au public français n'est point précédé d'une renommée qui ait rendu chez nous son nom familier. Un de nos plus éminents critiques' a pu, cette année même, dans un ouvrage où se retrouve toute son ingénieuse et solide érudition, faire une longue revue des fabulistes français et étrangers, sans citer une seule fois le nom de Krilof. Et pourtant, ce nom est un des plus populaires chez une nation de soixante-dix millions d'hommes. En Russie, le livre de Krilof est dans toutes les mains, comme son nom est dans toutes les bouches. C'est dans son recueil que tout enfant apprend à lire. Nul auteur n'a fourni plus de dictons et de proverbes au bon sens de ses compatriotes ; nul n'a pénétré plus avant dans l'esprit et dans le cœur de toutes les classes. Aussi la Russie a-t-elle voué à son poëte favori une espèce de culte lilial ; il est le seul de ses littérateurs auquel elle ait accordé les honneurs d'une statue.

' M. Saiut-Marc Girardiii : [a Fonlainc et les Fabulistes.

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