‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 112 sur 161 · LES BREBIS ET LES CHIEXS · texte numérisé non relu

LES BREBIS ET LES CHIEXS

Dans certain troupeau de brebis La dent des loups ayant fait rage.

Tous les bergers étaient d'avis Que, pour mettre fin au carnage, lis devaient, en prudents gardiens, Tripler le nombre de leurs cbiens. Qu'arriva-t-il ? Du loup vorace

On n'eut dès lors aucun souci ;

Mais les chiens étaient d'une race

Qui très-volontiers mange aussi.

Des brebis on pilla la laine,

Puis au sort on tira la peau ,

Si bien que d'un nombreux troupeau

Il restait six moutons à peine.

Nul de nos chiens n'y renonça,

Et, comme ils se trouvaient en veine.

En moins d'un mois tout y passa'.

' On devine que la critique du poète s'adresse ici à l'administration russe, qui, pour remédier aux abus, n'a su, pendant longtemps, mieux faire que de multiplier les employés qui en vivent.

^'S^ë'Qi

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