LES FUNERAILLES
En Egypte, dit la légende,
l*our donner plus d'éclat au deuil,
On faisait suivre le cercueil
Par des pleureuses de commande.
Un richard très- connu s'acheminant un jour, De cette courte vie à Téternel séjour,
Au bruit des sanglots, dans la ville,
Par ces pleureuses escorté.
Vers son dernier et froid asile,
Pompeusement était porté.
Touché d'un désespoir qui paraissait sincère , Un passant étranger crut que, sans contredit, Il voyait des enfants pleurant la mort d'un père. Des femmes aussitôt il s'approche et leur dit :
u Bien vive serait votre joie Si ce mort renaissait ; je suis magicien ;
Vers vous c'est le ciel qui m'envoie , Et vous verrez bientôt quel pouvoir est le mien.
Je sais l'art d'évoquer les âmes ,
Et vais rendre la vie au mort.
— \otre père, criaient les femmes,
Prends donc pitié de notre sort ;
Xous te faisons une prière :
Que ce richard par ton secours
Vive encore au moins pour cinq jours, Va qu'il soit de nouveau privé de la lumière. Ce mort, de son viv;mt, n'a su faire aucun bien;
S'il retourne dans sa demeure.
Il ne peut être utile à rien.
Tandis que derechef on nous paiera très-bien Si de nouveau tu veux qu il meure. »
Que de riches ne voit-on pas Sur qui pareil espoir repose!
Il n'est en eux que leur trépas Qui soit utile à quelque chose.