‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 145 sur 161 · LE PAYSAN ET LE CHEVAL · texte numérisé non relu

LE PAYSAN ET LE CHEVAL

Un bon villageois sur la terre

Semait l'avoine à pleine main.

In cheval, jeune encor, posté sur le chemin, Témoin de ce travail, s'en mettait en colère. « A quoi bon, disait-il, porter l'avoine ici? Puis de l'homme on viendra vanter l'intelligence

Est-il plus ridicule engeance?

Pourquoi fouiller la terre ainsi?

Il y cache l'avoine, et la voilà perdue !

A notre beau cheval bai-brun ,

Ou bien plutôt à moi, cette avoine était due. Si même au poulailler il Г avait répandue, On lui pourrait encor trouver du sens commun. La cacher est sans doute avarice sordide ;

Mais voilà qu'il la jette en Tair!

Oli ! pour le coup, il est bien clair

Que ce paysan est stupide ! »

Ainsi parle notre entêté,

Et pourtant, lorsque vient Tautomne,

Le villageois a récolté

Tous les grains mûris par Tété,

Et c'est au cheval qu'il les donne.

Quand mon jeune cheval a si mal raisonné, Lecteur, il est certain que tu l'as condamné ; Mais, de l'antiquité jusqu'au siècle où nous sommes, N'en'esl-il pas ainsi de la plupart des hommes? Élevant vers le ciei leurs regards indiscrets. Que de fois, dans leur impudence.

Sans savoir ses desseins secrets.

Ont-ils blâmé la Providence!

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