‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 20 sur 161 · XXVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XXVIII PREFACE

nières aimées de l'empereur Nicolas. Assis sur le socle, son livre à la main , il semble encore sourire aux ébats de la jeune génération qui se presse autour de lui, et dont Tesprit se forme chaque jour aux leçons de sa morale familière.

Si quelqu'un pouvait s'étonner d'un si vif et si durable enthousiasme, il nous suffirait pour le justifier de rappeler que Krilof personnifie , plus que tout autre écrivain russe , le caractère national. Ses compatriotes, d'une voix unanime, lui ont décerné le surnom de la Fontaine russe. Ce titre nous paraîtra sans doute ambitieux, mais les admirateurs du poète russe n'ont assurément pas prétendu par Là établir une égalité absolue entre Krilof et notre inimitable fabuliste. Ils n'ont voulu qu'exprimer son incontestable supériorité sur tous les auteurs qui s'étaient fait un nom en Russie dans le genre où la Fontaine est demeuré sans rival.

C'est à l'école de ce rare génie que Krilof s'est formé; mais nous devons dire que, alors môme qu'il ne semble préoccupé que de le traduire, il a su conserver un cachet tout individuel. Toutes ses imitations du fabuliste français ont le charme, la grâce et le naturel d'œuvres originales. Il sait, avec une merveilleuse habileté , s'assimiler les idées

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