‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 58 sur 161 · LA GREMOUILLE ET JUPITER · texte numérisé non relu

LA GREMOUILLE ET JUPITER

Au pied сГип mont, dans un marais, Une grenouille en paix , l'hiver, passait sa vie. Mais, le printemps venu, la volage eut envie D'aller sur les hauteurs chercher un air plus frais. Trouvant un petit coin, dans une fondrière,

Sur l'herbe, à l'ombre d'un taillis,

De sa retraite hospitalière

Elle faisait son paradis.

Mais son bonheur fut court : bientôt à ses pénates La chaleur de l'été se fit si fort sentir, Qu'un ciron y passant en aurait pu sortir

Sans se mouiller le bout des pattes.

" 0 dieux! dit la grenouille, à mon malheureux sort

Votre bonté doit un refuge ;

Si vous ne désirez ma mort.

Sur terre envoyez un déluge!

Les flots avec ce mont se mettant de niveau ,

de Turquie avec 30,000 hommes pour s'opposer au passage de la Bërë. ïina, se laissa séparer de son arrière-garde par les troupes de Л'ароlëon et fut enfin complètement baitu par lui. On s'explique ainsi l'allutien figurée par le brochet auquel les rats ont coupé la queue.

Pourraient à ma maison donner toujours de l'eau. »

Mais, les dieux dédaignant d'accueillir ses murmures,

La folle à Jupiter adresse des injures.

с As-lu donc étouffé la pitié dans ton cœur?

Où donc, lui disait-elle, est ton intelligence? »

Jupiter alors , par bonheur.

Était dans un jour d'indulgence.

« Quoi! dit-il, pour complaire à tes désirs changeants, Il faut, pauvre insensée, aller noyer les gens! Cesse de coasser, inutile est ta peine.

Va-t'en , sans plus te mettre en frais,

Croupir au fond de ton marais.

Et laisse en paix l'espèce humaine ! »

On voit , chez nous , gens de tous rangs Usant de pareils stratagèmes , Aux maux de tous indifférents , Garder leur pitié pour eux-mêmes ; Et l'on rencontre plus d'un sot Qui, très-prudent, à sa manière, Pour faire en paix liouillir son pot, Mettrait en feu la terre entière.

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