‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 69 sur 161 · LE COCHON AU CHATEAU · texte numérisé non relu

LE COCHON AU CHATEAU

Dans la cour d'un château s'étant, un jour, glissé, Dom pourceau va rôdant. Il flaire , il examine

Et l'écurie et la cuisine , Jusqu'aux yeux , à plaisir, dans l'ordure enfoncé.

Puis, ayant déployé ses grâces Sur le fumier infect qui s'élève en monceau.

Il prend un bain dans les eaux grasses ,

Et rentre enfin chez lui fait comme un vrai pourceau. " Kavron ', dit le berger qui l'attend à Tétable , Qu'as-tu vu? Ce qu'on dit est-il bjen véritable? Le bruit court qu'au chuteau , dans les appartements ,

De tout côté l'on voit reluire

Perles , joyaux et diamants ; Tout brille à qui mieux mieux et l'œil n'y peut suffire. — De beaux contes , ma foi ! grogne alors dom pourceau ;

Je n'ai point vu tant de merveilles :

Ordure et crotte par monceau ,

Fumier par-dessus les oreilles , C'est tout ce qu'on y trouve, et, jusqu'au moindre coin ,

Pourtant, une journée entière.

Sans trop ménager mon groin ,

J'ai fouillé la cour de derrière, »

Je suis poli, Dieu sait ! mais je pourrais , je crois , Nommer aussi... Kavron , celui dont la censure Ne flaire en tout écrit que les mauvais endroits , Comme un cochon cherche l'ordure.

' Kavron est le nom populaire donne au pourceau par les paysans russes.

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