‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 86 sur 161 · LE VILLAGEOIS ET LE BRIGAND · texte numérisé non relu

LE VILLAGEOIS ET LE BRIGAND

Un jour, d'un petit bien nouveau propriétaire, Un villageois achète une vache au marché ,

Avec un grand seau pour la traire;

Puis , le soleil étant couché , A travers la foret, par un sentier très-sombre. Il reprend son chemin sans craindre aucun encombre.

1 Dans cotte fable, pou flatteuse pour notre susceptibilité nationale. Krilof s'élève contre lengouemont dos familles russes pour les nistitu- Гои f ancais. auxquels ils ne conUent pourtant Téducat.on de leur eufluts qu'avec une cerlaiue appréhension des idées plus que libérales qu'ils pourraient leur sujïyéror.

Tout à coup un brigand, sorti du fond du bois , Comme un poisson sans eau le met nu sur la place. « Pitié ! dit en pleurant le pauvre villageois , Me voilà par tes soins réduit à la besace.

J'ai, toute une année, amassé

Dans l'espoir d'acheter ma vache ; Le jour où je l'obtiens n'est pas encor passé,

Qu'un maudit voleur me l'arrache.

— Allons, ne pleure pas, dit le brigand touché;

Ta vache , en somme , est bonne à vendre , Je ne la trairai point. Tiens , ne sois plus fâché ,

Voilà ton seau, tu peux le prendre. »

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