‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 87 sur 161 · LE CURIEUX · texte numérisé non relu

LE CURIEUX

i( Comment vas-tu, mon cher? D'où viens-tu donc ainsi?

— Du Musée. Ah! mon bon, tout un tiers de journée

Je m'y suis promené; j'ai tout vu, Dieu merci.

Tout observé ; ma vue en était fascinée !

Si je voulais tout dire et peindre comme il faut.

Ma force et mon esprit se verraient en défaut ;

J'en ai la tête encor tournée!

Quel palais merveilleux î Partout l'œil s'y complaît ;

130 LIVRE C1Î\JQUIÈME.

Des chefs-d'œuvre de la nature

C'est bien un résumé complet!

Que de sortes d'oiseaux qu'à peine on se figure,

Que d'insectes j'ai vus là-l)as!

Là , c'est la coccinelle ; ici , le cancrelas ;

Là , des mouches de cent familles !

Quelles couleurs, mon cher!... L'émeraude, vraiment, Le corail, le rubis, n'ont rien de si charmant. Les cirons sont moins gros que des pointés d'aiguilles!...

— Tu dus voir l'éléphant, dit l'autre ; qu'en dis-tu ? Tu l'as pris pour un mont , t^ant sa stature est haute.

- Comment ! il était là?- Oui, parbleu ! -C'est ma faute,

Mais du diable si je l'ai vu! »

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