‹ Fables de Krilof; tr. en vers françaisChapitre 92 sur 161 · L'ASSEMBLÉE DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

L'ASSEMBLÉE DES ANIMAUX

Contre le faible et l'innocent Lorsque l'iniquité se ligue,

^ Le Bon Renard àe Krilof est, à son tour, un peu cousin du Renard qui prêche de Florian.

Le droit est toujours iuipuissant, Et la victoire est a Tintrigue.

Un loup, près du lion solliciteur zélé,

Du pays des brebis postulait l'intendance.

Compère le renard, mis dans la confidence,

En cachette à la reine avait déjà parlé.

Mais les loups sont suspects ; il courait sur leur compte

Certains propos malicieux.

Et plus d'un n'aurait pu sans honte

Sur l'œil du roi fixer ses yeux.

Le lion décréta que le peuple des hôtes Au plus tôt formerait un conseil général Où chacun sur les loups dirait, après enquéles. Ce qu'il aurait appris, soit en bien, soit en ujal. L'ordre est exécuté. Pour ouvrir ses séances La foule convoquée au grand conseil se rend ;

Alnis, sans porter ses doléances.

Chacun vient à son tour voler selon son rang. Et le loup? Contre lui nul ne prit la parole! 11 fut fait intendant des brebis du canlOn. Qu'avaient dit les brebis? Parler était leur rôle ;

Pour juger l'animal glouton.

Leur espèce avait pbis d'un lilre,

Mais les brebis, le croira-l-on?

N'avaient point eu voix au chapitre!

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