‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 108 sur 428 · LE POETE ET L'ABEILLE · texte numérisé non relu

LE POETE ET L'ABEILLE

Pour faire leur doux miel, leur douce poésie,

Le poète et l'abeille aux champs, dès le matin,

Des odorantes fleurs picoraient l'ambroisie

Tous deux comme ils rentraient, chargés de leur butin,

Le poète rêveur dit à l'abeille : « Ecoute •

Des insectes dans l'air se frayant une route,

De la mouche ou du papillon, Qui peut te distinguer? » L'abeille industrieuse Tiépondit : « Des trésors dont je suis glorieuse,

Le miel, la cire, l'aiguillon.

Le miel, ma liqueur parfumée,

Calme la soif et la douleur ;

La cire, en flambeau transformée,

Des ténèbres chasse l'horreur.

Et contre les méchants l'aiguillon me protège. »

Le poète, à ces mots, reprit :

« De servir, comme toi, j'ai l'heureux privilège : J'ai le chant qui console et le miel qui nourrit; Des ombres de l'erreur je délivre l'esprit, Et contre les abus je lance l'ana thème. Notre ardeur, tu le vois, notre but est le même;

Or, de ses bienfaits louons Dieu.

— Frère, adieu, dit l'abeille. — Adieu, ma sœur, adieu. »

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