‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 109 sur 428 · LE DÉJEUNER A L'ÉCOLE · texte numérisé non relu

LE DÉJEUNER A L'ÉCOLE

Un usage bien doux régnait dans mon jeune Age •. Tous les jours, les enfants, munis de leur bagage, Se rendaient à l'école, et, suivant la saison, Sur une longue table ils versaient à foison Figues, raisins, gâteaux, fromage, Pains de mais, de seigle, de froment.

Chacun, selon son goût, s'en donnait librement. Les plus riches, pour tous, puisaient dans leur corbeille i débris délicats du souper de la ^ cille; Et si L'enfant trop pauvre à la communauté

\ avait rien apporté, On choisissait pour lui, sans blesser sa misère.

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Les morceaux les plus savoureux.

Comme nous nous aimions: que nous étions heureux ! Aussi, chaque matin, le maître à l'œil sévère Me voyait dans sa classe arriver sans retard, Non pas pour les leçons, que je ne savais guère, Mais pour le doux festin où tous nous avions part.

Depuis, lorsque je vois, anomalie étrange! L'homme chez soi vivant, des hommes séparé, Le repas somptueux pour ceux-ci préparé, Ceux-là n'obtenant, en échange De leurs travaux, qu'un pain mal assuré, D'autres, pâles, de faim... cet aspect me désole! Aux champs de l'avenir mon âme enfin s'envole, Et se plaît à rêver pour toute nation Les banquets fraternels, sainte communion Qu'enfants nous faisions à l'école.

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