‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 140 sur 428 · LE PAPILLON ET LE CHOU · texte numérisé non relu

LE PAPILLON ET LE CHOU

Un papillon volait, plus léger que le vent, Du chèvrefeuille au lis, du jasmin à la rose.

Le chou, qui le nourrit avant

Sa brillante métamorphose, « Viens, mon iïls, lui dit-il, un instant pose-toi

Sur moi...

— Quoi ! je m'abaisserais à ceux de ton espèce,

() race informe, lourde, épaisse! »

Répond brutalement le rival des zéphyrs. Laisse-moi savourer, au gré de mes désirs , Les sucs les plus exquis et les Heurs les plus belles.

A ces mots le chou repartit :

« Mon petit, Tu n'étais pas si fier quand, privé de tes ailes, Chenille, tu rongeais mes feuilles maternelles. Mais, comme toi, plus d'un, il faut en convenir,

Osa, pendant le sort prospère, Renier ses amis et rougir de son père, Et des bienfaits reçus perdit le souvenir, »

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