‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 141 sur 428 · LE LIERRE ET LES DEUX ORMEAUX · texte numérisé non relu

LE LIERRE ET LES DEUX ORMEAUX

À deux ormeaux voisins le lierre s'adressa, Demandant un appui pour sa tige flexible.

L'un d'eux, trop fier, le repoussa; Son compagnon se montra plus sensible.

Il en fut bien récompensé :

Plus tard, quand les hivers de leur souffle glacé

Venaient attrister la nature,'; L'arbuste l'entourait, fidèle, lui tressant

Une couronne de verdure; L'autre, squelette aride, effrayait le passant.

Accueillons, pendant la jeunesse,

Les riantes illusions.

Malgré les mauvais jours et les déceptions, Les tendres sentiments reverdiront sans cesse.

Bravant l'injure des autans,

De souvenirs purs et constants

Ils pareront notre vieillesse, Et feront de la vie un éternel printemps.

La TROMPETTE ET LE GLAIVE.

lu jour, entre deux camps la bataille s'engage. La trompette, soudain, sonne un chant martial : « Glaive, sors du fourreau, c'est l'heure du carnage! » Et le glaive, docile au belliqueux signal, Vole, étincelle, frappe et gagne la victoire.

La trompette s'écrie alors:

« Bravo, mon camarade ! à nous toute la gloire! Ensemble partageons la dépouille des morts ! Ah ! pour avoir si bien échauffé ta vaillance, J'ai droit, sans contredit, à la meilleure part. » Mais un nouveau combat se déclare plus tard, Et la trompette sonne, et le glaive s'élance. Sur l'arène bientôt il tombe mutilé, Tandis que lâchement madame la trompette A pris devant le l'eu la poudre d'escampette. « Ce glaive était, dit-elle, un franc écervelé Qu'à la raison, vraiment, on a bien l'ait de mettre. »

ïci certains journaux doivent se reconnaître ;

Par des cris de guerre, en tout temps, Ils agacent les nerfs, ils font grincer les dents. Des combats, à leurs voix, bravez-vous la tempête?

Vous êtes des héros! Partageons le butin!

Disent-ils après la conquête.

Éprouvez-vous une défaite?

Brouillons, vous méritez ce terrible destin! Disent-ils, battant en retraite.

Page 1