LA TOURTERELLE QUI PLEURE
Une reine qu'alors la vieillesse courbait, Disait à deux enfants, ses deux petites-filles : « Là, près de moi, venez, et soyez bien gentilles.
Écoutez : chez ma sœur, la reine du Thibet, Dans une cage d'or est une tourterelle.
Si vous saviez comme clic est belle, Précieuse surtout ! Qu'un enfant soit méchant
Dans le palais, et sur-le-champ
On voit pleurer la tourterelle.
Tenez, si de ma sœur je la peux obtenir, Pour vous bien éprouver je la ferai venir. » Mais l'aînée aussitôt : « Ma grand'mère, dit-elle, Qu'elle ne vienne pas ! Lorsque j'ai le malheur De commettre une faute et mériter un blâme, Je sens, à chaque fois, s'élever en mon âme Uji reproche vivant, une amère douleur.
— Maman, dit à son tour la plus jeune princesse, Chez ma tante, sans doute, elle a beaucoup pleuré : Ah! faites-la venir, grand'mère; et je serai Si sage, que bientôt elle rira sans cesse. »