‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 171 sur 428 · LA CLOCHE ET LE PARATONNERRE · texte numérisé non relu

LA CLOCHE ET LE PARATONNERRE

La cloche dit nn jour à l'aiguille aimantée : « Par le savoir humain toi qui fus inventée. Oses-tu hien

Opposer ton pouvoir au mien? Lorsqu'un Dieu courroucé va tout réduire en pondre, l'arrête dans ses mains la tempête et la foudre.

Tiens, vois ce nuage, là-bas, D'où scintille l'éclair, messager du trépas :

Vois, le météore s'avance:

De ta ridicule science Il chàtira bientôt le sacrilège orgueil... » Le nuage s'étend, de son crêpe de deuil

Épouvantant toute la terre.

La cloche sonne, sonne, et le paratonnerre Se dresse vers les deux du haut d'un monument.

Tout à coup un feu brille, éclate, Suit l'aiguille et se perd dans l'humide élément.

La cloche vainement se ilatte,

Par son rapide tintement, De maîtriser la foudre et conjurer l'orage; Elle entr' ouvre les airs, va fendre le nuage; A la flamme électrique elle fait un passage.

Aussitôt l'horrible sillon Tombe sur le clocher, le brise, le dévore, Et laisse dans les cœurs la consternation.

FABLES. i:i

Par ce nouveau récit, vous le voyez encore,

La science a vaincu la superstition.

LE HIBOU, LA COLOMBE ET LE MOINEftU.

le mnor.

« Je vis austère.

Loin des jaloux: Est-il sur terre Un sort plus doux?

Du jour qui blesse Fuir la splendeur, C'est la sagesse.

C'est le bonheur.

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