‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 187 sur 428 · LE VIN BLANC ET LE VIN ROUGE · texte numérisé non relu

LE VIN BLANC ET LE VIN ROUGE

Souvent les modérés, ce sont les furieux.

Mûri sur 1rs coteaux qui longent la Dordogne, Le vin blanc, d'un ton doucereux, Ainsi parle an rouge bourgogne :

« Mon frère, ta vive couleur A toute âme bien née inspire la terreur. Quand tu verses la lave au peuple, dans l'orgie, C'est du sang qui s'attache à la nappe rougie.

De ta pourpre dépouille -toi ; Deviens doux, incolore, innocent, comme moi... * Le bourgogne répond : « Ma flamme purpurine, En donnant la santé, chasse l'humeur chagrine. Ta blancheur n'est pas, certe, exempte de danger : A ta feinte douceur malheureux qui se fie! Elle irrite les nerfs jusques à la folie..... Insulte à ma couleur, je n'en veux pas changer. »

Amis, tenons-nous à distance De ces tempéraments fades et bilieux

Qui sont tout miel, tout sucre en apparence.

Calme trompeur, dehors insidieux

Souvent les modérés, ce sont les furieux.

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