‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 192 sur 428 · LA ROSE LA PLUS BELLE · texte numérisé non relu

LA ROSE LA PLUS BELLE

Un jour, l'ange des fleurs de l'Éden s'envola.

Dans un parterre il appela Trois artistes, au front brûlant de poésie

Tous amants de la tonne et de la fantaisie.

C'étaient : une fleuriste aux doigts capricieux,

I d poète lyrique, un peintre audacieux,

Tous trois, fiers de marcher loin des routes connues, Cherchant un idéal qui se perd dans les nues. Des célestes jardins l'habitant radieux : « Pour créer, leur dit-il, la rose la plus belle,

Rose au calice sans pareil, Amis, j'attends de vous un utile conseil. » La fleuriste soudain : « J'assortirais, dit-elle, La soie et le velours à la riche dentelle : Pour l'aire un tout parfait, j'ajouterais encor \ux pétales d'argent des étamines d'or!

Telle je produirais une rose nouvelle. » Le peintre : « On pourrait a oir se tondre sous ma main

Le vermillon et le carmin ; La laque y mêlerait sa vive transparence; Le brun le plus moelleux, le vert le plus intense Prêteraient à ma fleur un contour gracieux. Comme un beau cadre embrasse un tableau précieux. Et le poète, enfin, d'une voix inspirée : « Pour créer, à mon tour, le chef-d'œuvre des Heurs, .le veux de l' arc-en-ciel marier les couleurs \ux feux étineelants de la voûte éthérée !... » L'ange des fleurs sourit d'un sourire divin !

.le le vois, leur dit-il, vous chercheriez eu \ain ; Sou> \o> yeux, sous vos pas est le beau véritable ; La nature elle-même a tenu le pinceau : Imite/, désormais, ce modèle adorable! »

II prit un peu de mousse au pied d'un arbrisseau ;

\\ec cette fraîche auréole.

D une rose commune il orna l.i corolle.

i80 FABLES.

Et, dès ce jour, l'œil eàchanté

De la rose mousseuse admira la beauté,

Fort d Ivry, 2 janvier 1852.

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