LE CRAPAUD ET L'ÉPHÉMÈRE
Le soir, l'éphémère
Voit venir la mort;
Du sein d'une pierre
Le crapaud qui sort Lui dit : « Que je te plains! comme le sort te traite
Avec rigueur! Tu n'as vu qu'un seul jour, Moi, j'ai passé mille ans au fond de ma retraite... Mais l'autre : « Éprouvas-tu les douceurs de l'amour?
— Jamais! — De l'amitié? — Pas même.
— Eh! que faisais-tu? — Rien. — Ta vie est un problème.
— Jetais seul, immobile en ma froide prison,
De l'heure ni de la saison Ne faisant nulle différence.
— Vieillard, ton sort fut triste et digne de pitié; Quant à moi, dont tu plains la rapide existence, J'ai connu le travail, l'amour et l'amitié.
J'eus des émotions, toi, nulle jouissance... Adieu, je vais mourir; sois-en bien convaincu, Moi qui n'ai va qu'un jour, plue que toi j'ai féffc 2