‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 233 sur 428 · LES BROUILLARDS · texte numérisé non relu

LES BROUILLARDS

D'une profonde obscurité Les brouillards ont couvert les champs et la cité,

Et chacun, saisi d'épouvante.

Se croit enveloppé d'une éternelle nuit

Que l'heure sonne, triste et lente!

Un homme que l'espoir conduit, Une torche à la main, sort de la ville et suit A travers la montagne une route incertaine. Bientôt il aperçoit, au-dessus de la plaine, Le soleil le plus beau dans le ciel le plus pur. A ses pieds, la vapeur, comme une mer immense,

Ondule et se balance, Et, plus haut, il contemple une voùtc d'azur. Aussitôt, plein de joie, il redescend dans l'ombre, Certain que du soleil un regard caressant

Dissipera le brouillard sombre, Ainsi que le réveil chasse un rêve affligeant.

Amis, si vous voyez le sage Fixer d'un œil tranquille et d'un calme visage Le doute suspendu sur le monde attristé, C'est que, bien au-dessus des ténèbres humaines, Sa foi s'est ranimée aux régions sereines

Où resplendit la vérité.

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