LE RAISIN
Je disais au fruit de la vigne ;
« De pitié que ton sort est digne !
Tu vas être écrasé par le pressoir maudit!... »
Mais le raisin me répondit :
« Ami, loin de me plaindre, ah ! j'accueille avec joie
La mort que le destin m'envoie...
A tous elle profitera,
Car de mes veines jaillira Ce vin si pétillant, cette liqueur de flamme, Qui donne au corps la force et qui réjouit l'àrae. »
Avec ravissement j'écoutai cette voix,
Et je crus entendre à la fois Ces hommes que transporte un généreux délire, Fous, jusques au trépas, bravant l'adversité,
Heureux et fiers que leur martyre
Soit utile à l'humanité.