MA COMPATRIOTE
Pour la remercier de son article de la Semaine.
Je veux te raconter un délicieux rêve : Une nuit, il me vint du beau pays natal, Apportant leur offrande à mon labeur sans trêve, Un tendre rossignol, au gosier de cristal, Une rose odorante, à la couleur vermeille, Un miel suave et pur sous l'aile dune abeille. En aspirant la fleur et le miel savoureux, Et le chant de l'oiseau, combien j'étais heureux!
Au réveil, le matin, je lisais la Semaine, Où ta voix chantait pure, ainsi qu'un pur ruisseau, Et le beau rêve alors prit une forme humaine, Car c'était toi la fleur et l'abeille et l'oiseau.
A MADEMOISELLE CORALIE VERWET.
SOXNET.
Le pollen fécondant, par les vents apporté, O prodige! s'attache à la plante isolée, Languissante d'amour au fond de la vallée; Plus de deuil, de veuvage et de stérilité.
Par des signes certains la pensée exhalée De la terre et des mers rase l'immensité. L'exil est adouci, l'amitié consolée ; L'amour rêve d'espoir et de félicité.
Elle a ce privilège, elle a cette puissance, L'ardente poésie! Elle brave l'absente.
Et pénètre l'esprit par sa sainte douceur.
Mes vers, soyez bruis! Franchissant l'intervalle, Vous m'ayez fait connaître nue âme sans rivale : O mes vers, je vous dois une amie, une sœur!
A BÊRANGEP..
1* juillet 1848.
Du génie et du cœur puissance souveraine ! Poëte, d'un captif quand vous brisez la chaîne,
Coupable, il est purifié; Innocent, il se lève et sort glorifié.
LES GOELANDS.
Heureux ceux qu'une croyance
Affermit dans les douleurs !
C'est alors que l'espérance
Rend moins amers bien des pleurs.
Il n'est lande désolée,
Il n'est aride vallée,
Ni lieu si rempli d'horreurs,
Où, riche de fantaisie,
La divine poésie
Ne fasse éclore des fleurs.
J'ai vu les goélands sur la vague écumante Dormir, insoucieux, au sein de la tourmente
POESIES DIVERSES. 27i
Si l'un d'eux quelquefois poussait des cris plaintifs, C'était pour son doux nid penché sur les récifs.
Ainsi de nous, pauvres captifs!
Sur la paille des casemates
Et sous les humides sabords
Sur la plus vieille des frégates, Nos âmes reposaient, calmes et sans remords. Si des pleurs se mêlaient à des voix gémissantes, C'est que nous regrettions nos familles absentes... Mais, du moins, les oiseaux retournent à leurs nids.... Et nous, reviendrons-nous vers nos foyers bénis !
Rade de Brest, à bord du DoaOBSCUR, 19 janvier lS3ï.