LA PAUVRETÉ, C'EST L'ESCLAVAGE
Liberté ! liberté! inot sonore, doux songe
Que vingt siècles encor n'ont pu réaliser!
Si tu veux que ce mot ne soit plus un mensonge,
Peuple, c'est le travail qu'il faut organiser.
Tant que tu traîneras de rivage en rivage
Le boulet du mépris et de la pauvre te,
Ne parle pas de liberté :
La pauvreté, c'est l'esclavage.
— Tu marches à côté de ce conscrit novice? Grognard, dans tes foyers, je te croyais rendu...
— Pour le fils d'un banquier j'ai repris du service; Hélas ! c'est par besoin que je me suis vendu.
— Toi qui sous les drapeaux sers après ton jeune âge, Homme trop généreux par un lâche exploité,
.Ne parle pas de liberté :
La pauvreté, c'est l'esclavage.
— J'ai quitté ma chaumière et les champs pour la ville, D'un favori des cours je me suis fait laquais.
Je déplore parfois ma condition vile;
Hais j'ai toujours do pain donl souvent je manquais.
— si tu portes eucor, dans on honteux servage, Le sceau que t'imprima la domesticité,
Ne parle pas de liberté :
La pauvreté, c'est l'esclavage.
— Passant, je veux te rendre heureux; approche, écoute :
Daigne de ma misère avoir compassion.
J'avais faim, j'étais belle, et bientôt sur ma route
Un abîme s'ouvrit. . . la prostitution !
— 0 femme dont la honte a flétri le visage,
Femme qui pour tout bien as reçu la beauté,
Ne parle pas de liberté .
La pauvreté, c'est l'esclavage.
Le pauvre, en ses haillons, sait bien qu'il n'est pas libre, Lorsqu'il passe courbé près des riches hautains. Seul le travail viendra rétablir l'équilibre Entre les deux plateaux de nos divers destins. Mais tant que pauvre et riche, en un duel sauvage, Déchireront tes flancs, vieille société,
Ne parle pas de liberté :
La pauvreté, c'est l'esclavage.