‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 296 sur 428 · ROMANCE · texte numérisé non relu

ROMANCE

Notre père est parti ; pour que Dieu nous le rende, Frère, prions à deux genoux.

Sa barque est si petite, et la mer est si grande ! Seigneur, ayez pitié de nous !

Contre recueil, contre l'orage, Seigneur, daignez le secourir ; S'il ne revient pas au rivage, Tous deux il nous faudra mourir.

— Frère, vois ce point dans l'espace, Ce point que nous montre un éclair...

Hélas! c'est un oiseau qui passe,

Qui passe et disparait dans l'air.

Notre père est parti; pour que Dieu nous le rende,

Frère, prions à deux genoux.

Sa barque est si petite, et la mer est si grande !

Seigneur, ayez pitié de nous !

Depuis que notre pauvre mère Parmi les anges remonta, Seul, près de nous, douleur amère!

Tout seul notre père resta.

— Frère, sa voile! bon courage !

La vois-tu, frère, à l'horizon?...

— Hélas! ce n'est qu'un blanc nuage Qui vole au gré de l'aquilon.

Notre père est parti; pour que Dieu nous le rende

Frère, prions à deux genoux.

Sa barque est si petite, et la mer est si grande !

Seigneur, ayez pitié de nous!

Ses lilets, sa barque fragile.

29i POÉSIES DIVERSES.

Voilà notre unique trésor; Cette cabane est notre asile; On y fait quelques rêves d'or.

— Frère, qu'apporte cette lame?

Du retour est-ce un précurseur?

— Hélas ! elle apporte une rame Et les vêtements d'un pécheur.

Notre père est parti; pour que Dieu nous le rende,

Frère, prions à deux genoux.

Sa barque est si petite, et la mer est si grande!

Seigneur, ayez pitié de nous !

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