‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 308 sur 428 · L'USURIER · texte numérisé non relu

L'USURIER

AIR de la Treille de soieérité.

Ma complaisance,

Ma bienfaisance Font médire, et dans le quartier On m'accuse d'être usurier.

Je me vouai, dès mon enfance, Au bonheur de l'humanité ; Plus d'une bourse en défaillance Chez moi recouvra la santé.

Chaque jour, un calcul prospère Grossissait mon trésor naissant ; Et cependant, comme mon père, Je ne prenais que cent pour cent.

Ma complaisance,

Ma bienfaisance Font médire, et dans le quartier On m'accuse d'être usurier.

J'ai vu, dans leurs jours de détresse, Des grands descendre jusqu'à moi , J'ai secouru plus d'une altesse, J aides signatures de roi.

Sire, d'une noble opulence

Dorez votre éternel repos ; Quand vient le jour de l' échéance.

Du peuple on double les impôts.

Ma complaisance,

Ma bienfaisance Font médire, et dans le quartier On m'accuse d'être usurier.

Avec un débiteur honnête Comme il faut des ménagements, Je reçois, pour l'or que je prête, Châteaux, bijoux et diamants.

Quand l'orage et les vents sinistres Soufflent au front des parvenus, De la défroque des ministres J'enfle parfois mes revenus.

Ma complaisance,

Ma bienfaisance Font médire, et dans le quartier On m'accuse d'être usurier.

Je dis à l'avocat en herbe

Dont le cœur est gros de désirs •

Brûle tes codes, jeune imberbe,

Et suis le code des plaisirs.

Prends cet or, mène un train de prince;

Cours les femmes et l'Opéra ;

In jour, du fond de sa province,

Ton père me remboursera.

31a complaisance,

Ma bienfaisance Font médire, et dans le quartier On m'accuse d'être usurier.

Chez vous quand les fonds sont en baisse,

Bon trafiquant, pâle joueur,

Vous venez puiser dans ma caisse

Des armes contre le malheur.

.Mais si, dans cette lutte ouverte,

Le sort triomphe constamment,

De peur d'essuyer une perte.

Je vous dépouille entièrement.

Ma complaisance,

Ma bienfaisance, Font médire, et dans le quartier On m accuse d'être usurier.

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