LE CYGNE ET LES ŒUFS DE TOURTERELLE
Privés de l'aile maternelle.
Seuls dans le nid restaient des œufs de tourterelle : Quelque vautour, sans doute, a\ait passé par là 1
Heureusement, le cygne qui les trouve, Au sein de ses roseaux les emporte et les couve. L'officieux canard en ces mots lui parla :
« Voisin, délaissez cette engeance; De votre bienfaisance
Savez-vous quel sera le prix?
Ces orphelins, par vous élevés et nourris, Sans égard pour vos soins et pour votre tendresse ,
Loin de ces lacs iront, un jour, Roucouler dans les bois leur éternel amour. Laissez-les ; c'est l'avis qu'un ami vous adresse » Le noble oiseau répond : « Moi par leur liberté
Je voudrais payer ma bonté !
Je voudrais les lier par la reconnaissance, Entraver leurs penchants, contrarier leurs vœux!... Si je les ai sauvés, et s'ils vivent heureux, J'ai reçu, croyez-moi, toute ma récompense »