‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 38 sur 428 · LE HIBOU PROFESSEUR · texte numérisé non relu

LE HIBOU PROFESSEUR

Maître hibou, professeur émérite, Philosophe poudreux, vanté pour son mérite, Donnait sous un ormeau de savantes leçons. A l'envi chaque mère au docte personnage

Envoyait ses chers nourrissons.

De nos vieux errements il adopte Y usage. Il veut faire de l'âne un maestro fini, Un rival de Tamburmi ;

A demoiselle l'araignée

La poésie est enseignée ;

Le coq, émule de Jean Bart, Doit, un jour, à travers les flots et la tempête, Enrichir son pays de plus dune conquête ;

Et le cygne, nouveau Bavard, Acquerra noblement dans les rangs de l'armée

La fortune et la renommée.

Leurs cours étant finis, les voilà tous classés Selon les plans divers imposés par le maître. Le baudet, sur la scène ayant osé paraître, Fila les sons moelleux que vous lui commise/. Si bien qu'à coups de gaule on vous l'envoya paître ; L'insecte, pour forger de pitoyables \ers, S'étant imprudemment mis la tête à l'envers,

Périt de honte et de misère; Le coq mourut de peur sur un vaisseau de guerre ; Le cygne, au premier feu, désertant les drapeaux, Se sauva dans un lac, au milieu des roseaux, Eh bien! si, bravement abdiquant la routine, Le maître avait compris avec sagacité Leur instinct, leur penchant et leur capacité, Du moulin toujours l'âne eût porté la farine; Le coq loin de la mer eût montré sa valeur ;

L'araignée eût tis>é îles toiles; Le cygne sur la mer eût dirigé ses voiles, Et chacun dans sa sphère eût goûté le bonheur...

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