‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 410 sur 428 · I \ AMI · texte numérisé non relu

I \ AMI

Propriété, fille de fégoîsme .

Ton nom blesse a la fois mon oreille el mon ccecu L'amour de posséder \a jusqu'au fanatisme, Et séduit les humains par son charme vainqueur. Ali! tu i"''- laissé prendre à '■'•il'1 glu funeste, Pauvre ami] Te voilà désormais, sans conteste, Le riche possesseur, l'arbitre souverain De quelques pouces de terrain.

Tu t'incrustes dans ta bicoque, Dont un mur ombrageux défend de s'approcher, Comme un colimaçon replié dans sa coque,

Comme une huître sur son rocher.

Moi, pauvre comme Diogène, Je suis, en vérité, bien plus riche que toi, Et, partout où je me promène, Je peux dire : << Je suis chez moi. » Je passe au gré du vent mes heures indolentes, Et. selon mon désir, je vais voir tour à tour M s bètes du Jardin des plantes, Et /nés rosiers du Luxembourg.

Eh bien, tourne dans ta cage, Tourne comme un écureuil :

Mais l'ennui, triste présage!

Saura punir ton orgueil.

L'humanité sera plus heureuse et plus fière . Lorsque, unis sous les lois de la fraternité,

Nous ferons de la terre entière

Une seule propriété.

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