LE PORTEFEUILLE
.Te te dois un récit, S... ma belle:
\ ses engagements il faut être fidèle.
Sur un des fertiles sommets Que le Rhône salue en sa course rapide, S'élève une demeure où, de repos avide, Le voyageur en vain n'alla frapper jamais.
La, quand vers la mère patrie nger m'appela, près d'une enfanl chérie, Près de s. -s bons parents affables, généreux.
Je passai quelques jours heureux.
Mais le malheur parut au milieu de la fête :
Dès l'aube, une horrible tempête \ous assaillit: le vent, soufflant avec fureur Pendant un jour entier, nous glaça de terreur \ toute émotion mon oreille tendue Entend tinter la cloche au portail suspendue. Je bots; un tourbillon formidable, subit Sur ma tête, dan- l'air, lait flotter mon babil
i •"ou s'échappe le portefeuille Qui cache ma fortune; 0 douleur, ô n
Des lettres, des papiers, mes plus chers intérêts. Il ne gaule pas une feuille.
Dans les vignes, sous les buissons Je retrouvai quelques chansons
Éparses l'une l'autre à de longues distances.
Des papiers précieux, un seul me fut rendu Par un berger; tout le reste est perdu.
J'éprouvai ce désastre aux dernières vacances.
Hélas! auparavant, un ouragan vainqueur M'enleva des objets bien plus chers h mon cœur. Si je pleure, au retour, de cruelles absences, J'ai revu mes enfants, j'ai revu mes amis. Je te retrouve aussi, faveur inespérée, S... mon adorée!
Or, voilà le récit que je t'avais promis.
Paris, norembi
L'OPHRYS APiFERA.
APIS IN CORDE COLUMBï:.
Il existe une fleur curieuse, bizarre,
I u ophrys que longtemps vainement j'ai cherché;
Pourtant sur maints coteaux cette Heur n'est pas rare.
Or, un sens symbolique eo Popbrys est caché : Suspendue à sa proie et toujours altérée, Voyez-vous une abeille, un vampire attaché? Aux flancs Chine colombe exiguë, éthérée, Sublime dévoùment, sacrifice admirable !
De son bec généreux le pigeon expirant Laisse sur l'ennemie avide, insatiable Tomber en perles d'or le pollen odorant. Autour de la colombe, image qui console, Trois pétales brillants forment une corolle.
Pour moi l'allégorie est pleine de clarté : L'abeille, par l'oiseau fécondée et nourrie, C'est le commerce ou l'industrie, Le pigeon, c'est l'esprit, c'est l'amour exploité". Mais un triple rayon l'éclairé, l'environne, Car le noble martyr a reçu pour couronne Lé nymbe précurseur de l'immortalité'.
L'AMOUR A Lu FENETRE.
Autour d'Anna, la belle, Amour, le jeune Amour.
Dardant mainte étincelle, Battait, battait de l'aile Et la nuii et le jour.
D'une flamme imprudente \nna craint les attrait?.
— Amour, dit l'innocente,
Jamais ne te présente Aux regards indiscrets.
Enfant, veux-tu me plaire Et faire mon bonheur?
Exauce ma prière ; Comme en un sanctuaire Cache-toi dans mon cœur.
Au cœur l'Amour pénètre:
Mais le malicieux Toujours aime à paraître \ la double fenêtre, Anna, de vos beaux yeux.