LE LAURIER, LA LYRE ET LE LIERRE
Quelqu'un sur un laurier suspendit une lyre.
Or, quand le souffle du zépbire
Agitait les rameaux, soudain Elle exhalait des sons étranges, fantastiques, Comme en rendaient jadis les harpes prophétiques
Sur les saules du Jourdain.
Au même arbre attaché, tortueux parasite, 1 ii lierre, en qui l'orgueil louait lieu de mérite. En vain depuis longtemps sur le luth se tordait; Jamais à ses efforts le luth ne répondait : A la fin, n'écoutant qu'une funeste envie : « Vous allez voir, dit-il, ma vengeance assouvie! Puisqu à vous égaler je ne puis parvenir, De votre gloire au moins je saurai vous punir.. » Alors comme un serpent il commence à s'étendre, El de ses nœuds pressés tous deux les étouffant, « Désormais nos chanteurs, dit-il en triomphant, Ne pourront plus se faire entendre. »
Voilà de l'envieux ce que l'on doit attendre : Toujours prés du mérite on le voit se glisser, : comme à ses sucrés il n'oserait prétendre, Dans ses mille replis il cherche à l'enlacer.