‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 92 sur 428 · L'ESCARGOT ET LA CHENILLE · texte numérisé non relu

L'ESCARGOT ET LA CHENILLE

Par habitude, par système, O vous qui courtisez ou repoussez autrui

Pour son habit, non pour lui-même, C'est à vous que j'adresse une fable aujourd'hui.

Jadis vers l'escargot se glissa la chenille.

« Bonjour, dit-elle, mon voisin, Ou plutôt mon cousin, Car tous deux nous rampons. . . — Moi de votre famille î Reprend maître escargot, vraiment, vous radotez.

Fi! la vilaine créature !

Je ne vous connais pas. Veille folle; partez! » Et la chenille part sans relever l'injure. A quelque temps de li. sur le gazon Henri,

Un beau papillon, dont les ailes Semblaient faire jaillir des milliers d'étincelles, Voltigeait, voltigeait. « Approche, mon chéri,

Dit l'escargot ; causons ensemble ; Qu'un lien fraternel à jamais nous rassemble. — Tais-toi, répond l'insecte ; oh ! de grâce, tais-toi, Lâche orgueilleux ! ce qui te plait en moi, Je le sais trop, c'est mon aile qui brille, Car tu me repoussas impitoyablement Lorsque j'étais encore une pauvre chenille. » A ces mots disparut le papillon charmant, Et l'escargot honteux rentra dans sa coquille.

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