‹ Fables de P. Lachambeaudie (volume 2)Chapitre 98 sur 428 · LE FLEUVE ET L'OCÉAN · texte numérisé non relu

LE FLEUVE ET L'OCÉAN

Vers l'Océan un fleuve immense, Roulait, majestueux, par sa pente entraîné.

L'Océan, d'algues couronné, Ainsi parle au sujet qui tombe en sa puissance : « Que tu dois regretter, ô fleuve fortuné, Et tes flots glorieux où voguait l'espérance Sur des vaisseaux chargés des plus riches trésors, Et les mille cités assises sur tes bords ! . . . — Tout ce que je regrette, ô roi de l'onde amère, C'est l'étroite vallée où, ruisseau transparent,

Non loin de la source, ma mère,

Sous les fleurs j'allais m' égarant :

Je baignais des agneaux la toison douce et blonde; Dans mes roseaux chantaient les oiseaux amoureux. 11 dit et va payer le tribut de son onde

A l'Océan tumultueux.

Au faite de la gloire, au sein de l'opulence, Quel homme ne se plaît à remonter le coun

De l'existence, Pour se mirer encor dans les limpides jours

De son enfance?

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