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Fables de P. Lachambeaudie

« Vus deux fables' sont charmantes, Monsieur, et je suis fier que l'une d'elles me soit dédiée, si aventurée que soit la comparaison que vous voulez bien faire du rossignol au vieux chansonnier. Je, ne nie suis jamais cru qu'un pauvre oiseau, et je ne sais trop encore de quelle espèce. Au moins suis-je de ceux qui aiment à saluer les belles voix et les doux chants. Voilà pourquoi j'ai cherché des échos pour les engager à répéter le bien que je pensais de vos fables , et je suis heureux qu'un d'eux vous ait redit mes paroles.

« Je ne me rappelle plus trop, Monsieur, les conseils de vieillard que je vous ai donnés; mais ils devaient être excellents, s'ils ont contribué à vous faire faire le Moucheron et la Mouche. Je crois plutôt que vous avez écouté votre instinct de poëte, et que vous faites à mon expérience plus d'honneur qu'elle ne mérite. Votre recueil a une telle supériorité sur la plupart de ceux que je connais, votre style porte si bien l'empreinte de l'étude de nos grands maîtres, que des conseils comme les miens ne vous sont pas nécessaires, et que je m'étonne que ce recueil ne soit pas aussi connu qu'il devrait l'être.

« Je vous remercie de la jolie composition gravée2, que vous m'envoyez. Vous avez des amis qui vous comprennent; c'est un grand encouragement : c'est celui qui m'a aidé à traverser des années bien pénibles. Pour eux comme pour vous, je vous souhaite autant de bonheur que vous avez de talent.

« Recevez, Monsieur, l'assurance de mon affectueuse considération.

« Béranger. »

Passy , 28 septembre 18«.

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