LE POETE
A mon nnil Picrr
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Poëte, c'est la vérité
Voyez en mer ce haut navire ;
Que ta fable pour nous décèle;
Ses flancs cachent bien des douleurs;
Ton vers est la pure étincelle
Mais , à bord , les sons d'une lyre
Qui brille en notre obscurité.
Raniment la foi dans les coeurs.
Les femmes pleurent au rivage ,
Où donc menez-vous le poète,
Et , par de fraternels élans ,
Soldats qui servez les méchants ?
Mêlent, dans les bruits de l'orage,
Vous l'avez pris dans la tempête :
Leur voix aux cris des Goélands ' :
Inspiré par de nouveaux chants,
Les femmes pleurent au rivage.
Il marche en consolant ses frères ,
Le captif au front radieux.
Poëte , c'est la vérité
A-t-il des paroles amères ?
Que ta fable pour nous décèle;
Non ! mais, riant de vos faux dieux,
Ton vers est la pure étincelle
Il marche en consolant ses frères.
Qui brille en notre obscurité.
Poëte , c'est la vérité
Si de la patrie on t'exile ,
Que ta fable pour nous décèle ;
Tu vas, ô pieux pèlerin ,
Ton vers est la pure étincelle
Prêcher le nouvel Évangile :
Qui brille en notre obscurité.
La muse a fleuri ton chemin.
Va remplir un devoir austère :
Dans vos casemates de pierre
Ralliant les cœurs désunis,
Où pèse le froid des tombeaux ,
Fais rayonner l'amour, mon frère,
Sur un doux rliythme une prière
Sur la famille des bannis :
Fait vibrer les sombres arceaux.
Va remplir un devoir austère.
L'apôtre porte une couronne;
Nul bourreau ne peut la flétrir :
Poëte, c'est la vérité
C'est le peuple ou Dieu qui la donne ,
Que la fable pour nous décèle ;
La verte palme du martyr :
Ton vers est la pure étincelle
L'apôtre porte une couronne.
Qui brille en notre obscurité.
Antoine-Marc Monnin.
Poëte , c'est la vérité
Que ta fable pour nous décèle ;
Paris. — Mai, 1852.
Ton vers est la pure étincelle
Qui brille en notre obscurité.