‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 2 sur 354 · LE POETE · texte numérisé non relu

LE POETE

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Poëte, c'est la vérité

Voyez en mer ce haut navire ;

Que ta fable pour nous décèle;

Ses flancs cachent bien des douleurs;

Ton vers est la pure étincelle

Mais , à bord , les sons d'une lyre

Qui brille en notre obscurité.

Raniment la foi dans les coeurs.

Les femmes pleurent au rivage ,

Où donc menez-vous le poète,

Et , par de fraternels élans ,

Soldats qui servez les méchants ?

Mêlent, dans les bruits de l'orage,

Vous l'avez pris dans la tempête :

Leur voix aux cris des Goélands ' :

Inspiré par de nouveaux chants,

Les femmes pleurent au rivage.

Il marche en consolant ses frères ,

Le captif au front radieux.

Poëte , c'est la vérité

A-t-il des paroles amères ?

Que ta fable pour nous décèle;

Non ! mais, riant de vos faux dieux,

Ton vers est la pure étincelle

Il marche en consolant ses frères.

Qui brille en notre obscurité.

Poëte , c'est la vérité

Si de la patrie on t'exile ,

Que ta fable pour nous décèle ;

Tu vas, ô pieux pèlerin ,

Ton vers est la pure étincelle

Prêcher le nouvel Évangile :

Qui brille en notre obscurité.

La muse a fleuri ton chemin.

Va remplir un devoir austère :

Dans vos casemates de pierre

Ralliant les cœurs désunis,

Où pèse le froid des tombeaux ,

Fais rayonner l'amour, mon frère,

Sur un doux rliythme une prière

Sur la famille des bannis :

Fait vibrer les sombres arceaux.

Va remplir un devoir austère.

L'apôtre porte une couronne;

Nul bourreau ne peut la flétrir :

Poëte, c'est la vérité

C'est le peuple ou Dieu qui la donne ,

Que la fable pour nous décèle ;

La verte palme du martyr :

Ton vers est la pure étincelle

L'apôtre porte une couronne.

Qui brille en notre obscurité.

Antoine-Marc Monnin.

Poëte , c'est la vérité

Que ta fable pour nous décèle ;

Paris. — Mai, 1852.

Ton vers est la pure étincelle

Qui brille en notre obscurité.

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