‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 12 sur 354 · LES ENFANTS ET LE PAPILLON · texte numérisé non relu

LES ENFANTS ET LE PAPILLON

Aux mains des échansons rendons nos coupes d'or Dans l'ivresse toujours entre raison s'endort! Jeunesse, qui poursuis une beauté frivole, En froissant sa couronne, auréole de fleurs,

Arc-en-ciel aux mille couleurs, Tu sens sous les plaisirs ton bonheur qui s'envole!

Un jour, le Papillon, ce fils de l'Orient, Sur ses ailes de moire étalait, en fuyant,

Une vivante mosaïque, Hiéroglyphes d'or, alphabet fantastique

Que Dieu seul épèle à son gré ; Et puis on le voyait, le Papillon volage, Effeuillant chaque rose éclose à' son passage, Caressant chaque fleur qu'il trouvait dans un pré. Des Enfants, accourus vers l'insecte qui brille, Le saisissent enfin, de sueur tout trempés, Et puis son aile tombe, et les enfants trompés Ne pressent sous leurs doigts qu'une informe chenille*

FABLES DE L ACH AMBEAl DIE.

Page 1