LE FLEUVE ET L'OCÉAN
Vers l'Océan un Fleuve immense Roulait, majestueux, par sa pente entraîné.
L'Océan, d'algues couronné, Ainsi parle au sujet qui tombe en sa puissance : o Que tu dois regretter, 6 Fleuve fortuné, El les tlots glorieux où voguait l'espérance Sur dos vaisseaux chargés des plus riches trésors, El les mille cités assises sur tes bords!...
— Tout ce que je regrette, ô roi de l'onde amère, C'est l'étroite vallée où, ruisseau transparent,
Non loin de la source, ma mère,
Sous les fleurs j'allais m'égarant; Je baignais des agneaux la toison douce et blonde; Dans mes roseaux chantaient les oiseaux amoureux. Croyez-moi, roi des mers, l'obscurité vaut mieux Que toutes les grandeurs, (pie tous les biens du monde.»