‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 122 sur 354 · LE FLEUVE ET L'OCÉAN · texte numérisé non relu

LE FLEUVE ET L'OCÉAN

Vers l'Océan un Fleuve immense Roulait, majestueux, par sa pente entraîné.

L'Océan, d'algues couronné, Ainsi parle au sujet qui tombe en sa puissance : o Que tu dois regretter, 6 Fleuve fortuné, El les tlots glorieux où voguait l'espérance Sur dos vaisseaux chargés des plus riches trésors, El les mille cités assises sur tes bords!...

— Tout ce que je regrette, ô roi de l'onde amère, C'est l'étroite vallée où, ruisseau transparent,

Non loin de la source, ma mère,

Sous les fleurs j'allais m'égarant; Je baignais des agneaux la toison douce et blonde; Dans mes roseaux chantaient les oiseaux amoureux. Croyez-moi, roi des mers, l'obscurité vaut mieux Que toutes les grandeurs, (pie tous les biens du monde.»

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