‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 150 sur 354 · ET L'ABEILLE · texte numérisé non relu

ET L'ABEILLE

Pour faire leur doux miel, leur douce poésie,

La cire, en flambeau transformée,

Le Poète et l'Abeille aux champs, dès le matin,

Des ténèbres chasse l'horreur,

Des odorantes fleurs picoraient l'ambroisie.

Et contre les méchants l'aiguillon me protège. »

Tous deux comme ils rentraient, chargés de leur butin,

Le Poète, à ces mots, reprit :

Le Poète rêveur dit à l'Abeille : c Ecoute :

« De servir, comme toi, j'ai l'heureux privilège :

Des insectes dans l'air se frayant une route,

J'ai le chant qui console et le miel qui nourrit;

De la mouche ou du papillon,

Des ombres de l'erreur je délivre l'esprit,

Qui peut te distinguer? » L'Abeille industrieuse

Et contre les abus je lance l'anathème.

Répondit : « Des trésors dont je suis glorieuse.

Notre ardeur, tu le vois, notre but est le même;

Le miel , la cire, l'aiguillon.

«gs Or, de ses bienfaits louons Dieu.

Le miel, ma liqueur parfumée,

— Frère, adieu, dit l'Abeille. — Adieu, ma sœur, adieu. »

Calme la soif et la douleur;

FABLES DE LACIAMEAUDIE.

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