‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 221 sur 354 · LE MARCHAND ET LE CHIEN · texte numérisé non relu

LE MARCHAND ET LE CHIEN

Un Marchand marchandait un Chien , A l'entendre, on eût dû le lui livrer pour rien : « Je ne pourrai jamais, disait-il, m'en défaire; L'argent que j'y consacre est de l'argent perdu. » Quelques instants plus tard, pour qui l'eût entendu,

C'était une autre affaire :

Sur ses rivaux ce Chien devait avoir le prix. D'un contraste pareil notre animal surpris :

« D'où vient que, ce matin, votre voix mensongère,

Niant mes qualités, ce soir les exagère?

— Ce langage opposé, dit le Marchand, crois-moi,

L'intérêt le dicta; que ce soit mon excuse.

Sur nos relations ton noble instinct s'abuse;

Mais le mensonge, mais la ruse, Voilà de tout commerce et la base et la loi. »

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