LE MARCHAND ET LE CHIEN
Un Marchand marchandait un Chien , A l'entendre, on eût dû le lui livrer pour rien : « Je ne pourrai jamais, disait-il, m'en défaire; L'argent que j'y consacre est de l'argent perdu. » Quelques instants plus tard, pour qui l'eût entendu,
C'était une autre affaire :
Sur ses rivaux ce Chien devait avoir le prix. D'un contraste pareil notre animal surpris :
« D'où vient que, ce matin, votre voix mensongère,
Niant mes qualités, ce soir les exagère?
— Ce langage opposé, dit le Marchand, crois-moi,
L'intérêt le dicta; que ce soit mon excuse.
Sur nos relations ton noble instinct s'abuse;
Mais le mensonge, mais la ruse, Voilà de tout commerce et la base et la loi. »