‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 222 sur 354 · RICHE ET PAUVRE · texte numérisé non relu

RICHE ET PAUVRE

Un jour que du ciel triste et sombre Tombait la neige en tourbillons d'argent , Dans Paris, cette ville aux contrastes sans nombre.

Je vis un contraste affligeant :

A deux êtres divers, diverse destinée Etait échue, hélas! D'un pauvre vêtement L'un, à peine, couvrait son épaule inclinée, D'un pain dur il faisait son unique aliment; Les arcades des ponts, une hutte isolée, Endormaient dans les nuits son àme désolée.

L'autre avait un manteau d'azur

Dont les franges étaient d'or pur; Les mets les plus friands engraissaicnl sa paresse; Heureux, il sommeillait sur le mol èdredon. Celui que la misère et le triste abandon, Sans espoir, tourmentaient jusques à la vieillesse,

Qu'était-il? Un brave artisan...

L'autre toujours de la richesse

Avait vécu le courtisan...

C'était le chien d'une duchesse !

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