LE SAC DE FARINE
On descendait de la Courtilfe,
Un lendemain de carnaval.
Les uns allaient à pied, les antres à cheval. L'injurieux lazzi qui se croise et pétille, Le chiffonnier froissant l'élégante mantille, liras-dessus bras-dessous, sans égard pour les rangs, Les insolents laquais et les princes pour lire : C'est un calios sans nom que je ne puis décrire. Défroques du passé, bacchanales sans frein, lie vos ruisseaux bourbeux disparaissez enfin. Peuple, pour l'élever à la raison divine, Déchire ce bâillon à nos mœurs étranger. Ln masque, un Arlequin, voit un Sac de Farine
Sur la porte d'un boulanger;
11 en saisit une poignée,
El la lance, de pluie et de fange imprégnée,
Sur la foule confuse... Un autre, un gros Marquis,
Lui dit : « Quoi! vous souillez, de votre main profane,
Le pur froment, la blanche manne, Qui doit faire! le pain et les gâteaux exquis? >>
Le premier, dans ce moraliste ,
Reconnut certain journaliste
Qui, folliculaire effronté, Distillait, à prix d'or, son venin détestable Sur toute chose grande et belle et respectable. " Marquis, dit arlequin, j'eus tort, en vérité;
Ne pense pas que je le nie.
Mais toi qui ris de tout et de la calomnie, Trafique chaque jour, réponds, lequel des deux
Fait le métier le plus honteux?... »