‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 255 sur 354 · LE SAC DE FARINE · texte numérisé non relu

LE SAC DE FARINE

On descendait de la Courtilfe,

Un lendemain de carnaval.

Les uns allaient à pied, les antres à cheval. L'injurieux lazzi qui se croise et pétille, Le chiffonnier froissant l'élégante mantille, liras-dessus bras-dessous, sans égard pour les rangs, Les insolents laquais et les princes pour lire : C'est un calios sans nom que je ne puis décrire. Défroques du passé, bacchanales sans frein, lie vos ruisseaux bourbeux disparaissez enfin. Peuple, pour l'élever à la raison divine, Déchire ce bâillon à nos mœurs étranger. Ln masque, un Arlequin, voit un Sac de Farine

Sur la porte d'un boulanger;

11 en saisit une poignée,

El la lance, de pluie et de fange imprégnée,

Sur la foule confuse... Un autre, un gros Marquis,

Lui dit : « Quoi! vous souillez, de votre main profane,

Le pur froment, la blanche manne, Qui doit faire! le pain et les gâteaux exquis? >>

Le premier, dans ce moraliste ,

Reconnut certain journaliste

Qui, folliculaire effronté, Distillait, à prix d'or, son venin détestable Sur toute chose grande et belle et respectable. " Marquis, dit arlequin, j'eus tort, en vérité;

Ne pense pas que je le nie.

Mais toi qui ris de tout et de la calomnie, Trafique chaque jour, réponds, lequel des deux

Fait le métier le plus honteux?... »

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