MES RÊVES
Air : J'ai pris ijaiil à la République.
Mes amis, voulez-vous connaître Tous les beaux Rêves que je fais?
D'ici-bas je vois disparaître Tous les abus, tous les forfaits.
A l'homme accordant une trêve, Les cieux annoncent d'heureux jours Le bonheur ne fût-il qu'un Rêve, Ah ! laissez-moi rêver toujours.
Dieu, ta justice est infinie :
Je vois le trône des Césars S'éclipser devant le génie,] Céder la couronne aux beaux-arts.
Le peuple brûle sur la Grève Le gibet, frère des vautours.
Le bonheur ne fût-il qu'un Rêve, Ah ! laissez-moi rêver toujours.
Amis', dans ce siècle équitable, Le fils du riche et l'orphelin Sont assis à la même table , Ont part au même habit de lin.
Aux dignités nul ne s'élève Par l'intrigue ou de vains discours.
Le bonheur ne fût-il qu'un Rêve, Ah ! laissez-moi rêver toujours.
Sillonnez nos plaines fertiles.
Phalanges de gais travailleurs; Dans nos landes, jadis stériles, Moissonnez des fruits et des fleurs.
Le vieillard, dont le temps s'achève A l'aumône n'a plus recours.
Le bonheur ne fù l— il qu'un Rêve, Ah ! laissez-moi rêver toujours.
Tous les hommes, unis en frères Par des liens harmonieux, Répandent aux deux hémisphères Les mêmes lois , les mêmes dieux.
Le bruit des canons et du glaive N'effarouche plus les amours.
Le bonheur ne fut-il qu'un Rêve, Ah! laissez-moi rêver toujours.
Bonheur entrevu sous un prisme, On t'oppose de toutes parts Et l'ignorance et l'égoïsme, Et des cachots et des remparts.
Malgré la digue qu'on élève, L'humanité suivra son cours...
Le bonheur ne fut-il qu'un Rêve, Ah ! laissez-moi rêver toujours.