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LA FUMÉE

Ajr de Tureime.

Au cabaret suivez-moi, bons buveurs!

Mais chez son voisin nous aurons

Enivrons-nous de punch et de fumée;

Bon vin et truffe parfumée;

Que des flambeaux, des pipes, des liqueurs,

11 est le roi des francs lurons,

En flots épais se mêle la fumée.

Et ses fourneaux lancent en tourbillons

A chanter alors je me plais,

De blancs nuages de famée.

Parmi l'odorante fumée,

Là, tous mes vœux sont satisfaits,

Puissants du monde aux orgueilleux dcslii-^.

Quoique le vent emporte mes couplets,

Qui portez haut vos têtes fortunées ,

Comme il emporte la Fumée.

Sans nul souci vous usez en festins

Des jours bien doux , de bien douces années.

Un Lovelace, a quatre-vingt-dix ans, Convoite encor le cœur des pastourelles; 11 s'évertue a réveiller ses sens, Lui dont un siècle a déchiré les ailes. Vieillard, tes membres engourdis

Sur la paille , loin de vos yeux , ('.émit l'indigence affamer.

Ayez pitié des malheureux :

Le pauvre, hélas! hôte malencontreux,

Mange son pain a la fumée.

N'ont plus leur vigueur renommée :

Les belles t'adoraient jadis; Mais, aujourd'hui, vieillard je te le dis.

Ton amour est une fumée.

Un vil di spote, éternel ferrailleur, Couvre de sang sa patrie éperdue; Contre le peuple un chétif rimailleur Lance le Gel de sa plume vendue.

Ils voudraient occuper en vain

Devant 1 avare, image des hiboux .

Les eeni voix de la renommée...

Pa on . ami , s;ms frapper n sa porte,

Leur nom disparaîtra demain :

Cai a pei onne il n'ou\ rc ses voi roux .

l âche ij ran cl \ énal écrivain.

De Bonfoyei la cendre esl toujours morte.

Votre gloire est une fumi

— t-VOOO

POÉSIES DE LACHAMBEAUD1E.

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