‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 328 sur 354 · ADR · texte numérisé non relu

ADR

Au bon vieux temps, sous le roi Charlemagnc .

Pour pénétrer chez un peuple lointain.

Le brave Arthur, riche et lier paladin,

Le vieux guerrier s'éloignait, incertain

Allait franchir les frontières d'Espagne

S'il reverrait la rose de Clémence.

Pour repousser le cruel Saladin.

Vent du midi, de ton souffle mortel

Pour le départ il préparait sa lance,

Ne touche pas la Rose du Castel.

Son casque d'or et son beau cheval noir...

Mais il laissait seule dans le manoir,

Mais une voix frappe la jouvencelle ;

Seule, à quinze ans, sa gentille Clémence.

C'est la chanson du jeune troubadour :

Vent du midi, de ton souffle mortel

« Ouvrez, dit-il, ouvre/, ô toute belle!

Ne touche pas la Rose du Caste!.

Je vous dirai la romance d'amour... »

Las! elle ouvrit pour ouïr la romance,

« Je pars, ma fille, ô ma compagne unique,

Puis il entra le joyeux ménestrel.

Et de longtemps je ne dois revenir;

Sylphes légers et vous, anges du ciel,

Reçois de moi cette rose magique :

Protégez bien la rose de Clémence.

C'est le garant de ton doux souvenir.

Vent du midi, de ton souffle mortel

Beau chevalier sera ta récompense,

Ne touche pas la Rose du Castel.

A mon retour, si la fleur brille encor;

Mais si tu perds un si rare trésor,

En triomphant s'éloigna le trouvère;

Un cloître obscur renfermera Clémence !

Seule resta la naïve beauté;

Vent du midi, de ton souille mortel

Bientôt après elle revit son père,

Ne louche pas la Rose du Caslel.

De compagnons et de gloire escorté !

Le paladin demande avec instance

Arthur parlait à sa tille troublée,

La fleur chérie... et Clémence pleurait.

Quand retentit la fanfare des preux;

Elle entendit ce redoutable arrêt :

Ce bruit trois fois étonna la vallée

« Un cloître obscur renfermera Clémence, »

Et du château l'écho mystérieux.

Vent du midi, de ton souffle mortel

11 faut quitter l'heureux sol de la France

Tu fis tomber la Rose du Castel.

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