‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 329 sur 354 · UNE NUIT D'ETE · texte numérisé non relu

UNE NUIT D'ETE

Des moissons c'est le mois brillant; Le pied loger, le cœur brûlant,

T'en souviens-tu ?

A l'heure où la lune étincelle, Nous voilà partis, ô ma belle;

T'en souviens-tu?

Du pain, du vin dans un panier, Nous suivions un étroit sentier,

T'en souviens-tu ?

Toi plus heureuse qu'une reine, El moi plus fier qu'un capitaine :

T'en souviens-tu ?

Cote à côte, main dans la main, Nos voix animaient le chemin,

T'en souviens-tu?

En ces instants chaque parole Est un mélodieux symbole :

T'en souviens-tu ?

Sur le gazon , n'est-ce pas, dis, S'offrit à nous le paradis ,

T'en souviens-tu?

Sur nos têtes les tourterelles En extase agitaient leurs ailes :

T'en souviens-tu?

De son calme et mouvant flambeau La lune argentait ce tableau,

T'en souviens-tu ?

Les chênes, les hêtres, les aulnes Vers le ciel dressaient leurs colonnes

T'en souviens-tu ?

Les Heurs embaumaient à l'enlour ; Celait le temple de l'amour,

T'en souviens-tu?

L'Opéra, fertile en merveilles, Jamais n'en montra de pareilles:

T'en souviens-tu?

Le couple, sans peur des jaloux , Revint bras dessus bras dessous,

T'en souviens-tu?

Leur âme comme une ambroisie lîuvail à flots la poésie :

T'en souviens-tu?

Pour mon esprit et pour mon cœur Que celle nuit eut de douceur!

T'en souviens-tu?

Toujours, ô belle fiancée, Elle vivra dans ma pensée :

T'en souviens-tu?

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