‹ Fables de P. LachambeaudieChapitre 79 sur 354 · LE LALRIER, LA LYRE ET LE LIERRE · texte numérisé non relu

LE LALRIER, LA LYRE ET LE LIERRE

Quelqu'un sur un Laurier suspendit une Lyre.

Or, quand le souffle du zèphire

Agitait les rameaux, soudain Elle exhalait des sons étranges, fantastiques, Comme en rendaient jadis les harpes prophétiques

Sur les saules du Jourdain.

Au même arbre attache, tortueux parasite, Un Lierre, en qui l'orgueil tenait lieu de mérite, En vain depuis longtemps sur le Luth se tordait;1 Jamais à ses efforts le Luth ne répondait. A la fin, n'écoutant qu'une funeste envie : ■ Vous allez voir, dit-il, ma vengeance assouvie!

Puisqu'à vous égaler je ne puis parvenir, D ■ votre gloire au moins je saurai vous punir... » Mors comme un serpenl il commence à s'étendre, Et de ses nœuds pressés tous deux les étouffant, Désormais nos chanteurs, dit-il en triomphant, Ne pourront plus se faire entendre. »

Voilà de l'envieux ce que l'on doit attendre : Toujours près du mérite on le voit se glisser. Et comme à ses succès il n'oserait prétendre, Dans ses mille replis il cherche à l'enlacer.

Page 1