‹ Fables et œuvres diverses de J. LaFontaineChapitre 11 sur 287 · X. Le Loup et l'Agneau · texte numérisé non relu

X. Le Loup et l'Agneau

La raison du plus fort est toujours ia meilleure : Nous Talions montrer tout â l'heure.

Un agneau se désaltérait

Dans le courant d'une'onde pure ; Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure, '

Et que la faim en ces lieux attirait.

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?

Dit cet animal plein de rage :

Tu seras châtié de ta témérité.

Sire, répond l'agneau, que votre majesté

Ne se mette pas en colère ;

Mais plutôt qu'elle considère

Que je me vas désaltérant Dans le courant ,

Plus de vingt pas au-dessous d'elle; Et que par conséquent, en aucune façon,

Je ne puis troubler sa boisson.

Tu la troubles! reprit cette bête cruelle; Et je sais que de moi tu médis Fan passé. Comment l'aurais-jè fait si je n'étais pas né?

Reprit l'agneau, je tette encor ma mère. —

Si ce n'est toi , c'est donc ton frère. — Je n'en ai point. — C'est donc quelqu'un des tiens;

Car vous ne m'épargnez guère,

Vous , vos bergers , et vos chiens.

On me l'a dit : il faut que je me venge.

Là-dessus, au fond des forêts

Le loup l'emporte, et puis le mange,

Sans autre forme de procès.

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