‹ Fables et œuvres diverses de J. LaFontaineChapitre 17 sur 287 · XVI. La Mort et le Bûcheron · texte numérisé non relu

XVI. La Mort et le Bûcheron

Un pauvre bûcheron , tout couvert de ramée , Sous le faix du fagot aussi bien que des ans Gémissant et courbé, marchait à pas pesants, Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée. Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur, Il met bas son fagot, il songe à son malheur. Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde? En est-il un plus pauvre en la machine ronde ? Point de pain quelquefois, et jamais de repos : Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,

Le créancier et la corvée , Lui fout d'un malheureux la peinture achevée. Il appelle la Mort. Elle vient sans tarder,

Lui demande ce qu'il faut faire.

C'est , dit-il , afin de m'aider A recharger ce bois; tu ne tarderas guère.

Le trépas vient tout guérir ;

Mais ne bougeons d'où nous sommes :

Plutôt souffrir que mourir.

C'est la devise des hommes.

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