‹ Fables et œuvres diverses de J. LaFontaineChapitre 180 sur 287 · XVIII. Le Milan et le Rossignol · texte numérisé non relu

XVIII. Le Milan et le Rossignol

Après que le milan, manifeste voleur, Eut répandu l'alarme en tout le voisinage , Et fait crier sur lui les enfants du village, TTn rossignol tomba dans ses mains par malheur. Le héraut du printemps lui demande la vie. Aussi bien , que manger en qui n'a que le son ?

Écoutez plutôt ma chanson :

Je vous raconterai Térée et son envie.

— Qui Térée ? est-ce un mets propre pour les milans ?

— Non pas; c'était un roi dont les feux violents Me firent ressentir leur ardeur criminelle '.

Je m'en vais vous en dire une chanson si belle Qu'elle vous ravira : mon chant plaît à chacun.

1 Voyez Ovide, Métamorph-, vi, 13, el la note 2 de la fable xv du livre ni.

Le milan alors lui réplique :

Vraiment, nous voici bien ! lorsque je suis à jeun.

Tu me viens parler de musique !

— J'en parle bien aux rois. — Quand un roi te prendra,

Tu peux lui conter ces merveilles :

Pour un milan . il s'en rira.

Ventre affamé n'a point d'oreilles1.

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