‹ Fables et œuvres diverses de J. LaFontaineChapitre 202 sur 287 · IX. Les Souris et le i liat-IIuaitt · texte numérisé non relu

IX. Les Souris et le i liat-IIuaitt

Il ne faut jamais dire aux gens :

Écoutez un bon mot, oyez2 une merveille,

« est non seulement pronom démonstratif, mais aussi une partie explétive du discours; et l'on dit il est ainsi, pour cela est ainsi. » L'annotateur du Téiémàque cite lui-même plusieurs exemples semblables à celui de la Fontaine, dans Corneille, Fénelon, Huet et Harmoatel.

• Tournure elliptique, pour 'lire : Ils furent pleures du vieillard, et il grava , etc.

- Écoutez.

Savez-vous si les écoutants lia feront une estime à la vôtre pareille? Voici pourtant un cas qui peut être excepté : Je le maintiens prodige , et tel que d'une fable 11 a l'air et les traits encor que véritable.

On abattit un pin pour son antiquité , Vieux palais d'un bibou, triste et sombre retraite De l'oiseau qu'Atropos ' prend pour son interprète. Dans son tronc caverneux, et miné par le temps,

Logeaient , entre autres habitants , Force souris sans pieds , toutes rondes de graisse. L'oiseau les nourrissait parmi des tas de blé, Et de son bec avait leur troupeau mutilé. Cet oiseau raisonnait : il faut qu'on le confesse. En son temps, aux souris le compagnon chassa : Les premières qu'il prit du logis échappées, Pour y remédier, le drôle estropia Tout ce qu'il prit ensuite ; et leurs jambes coupées Firent qu'il les mangeait à sa commodité,

Aujourd'hui l'une , et demain l'autre.

Tout mangera la fois, l'impossibilité S'y trouvait, joint aussi le soin de sa santé. Sa prévoyance allait aussi loin que la nôtre :

Elle allait jusqu'à leur porter

Vivres et grains pour subsister.

Puis, qu'un cartésien s'obstine A traiter ce hibou de montre et de machine!

Quel ressort lui pouvait donner Le conseil de tronquer un peuple mis en mue2?

Si ce n'est pas là raisonner,

i Atropos était considérée comme la plus féroce des trois Parques ; et la rencontre d'une chouette et d'un hibou était d'un augure sinistre.

2 C'est-à-dire renfermé pour être engraissé. Le mot mue servait à désigner une grande cage pour engraisser les volailles. La même expression se retrouve dans le conte ayant pour titre Richard Minutolo.

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